Article intéressant de La Presse! SCHL

La SCHL dans l’embarras (AJOUT)

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) est dans l’embarras.

Selon le Financial Post, l’organisme fédéral demande depuis plusieurs mois aux courtiers du pays de ne plus divulguer si une propriété est une reprise de finance.

Cette requête pour le moins inusitée a fait sourciller la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), qui représente plus de 14 000 courtiers.

Selon les règlements québécois, un courtier est obligé de divulguer à l’acheteur lorsqu’une maison est une saisie bancaire. Une exigence morale pour l’agent immobilier, et un important outil de négociation.

Et voilà que la SCHL demande de camoufler cette information!

Dans une note récente envoyée à tous ses membres, la FCIQ expose cette nouvelle politique surprenante de la SCHL.

La FCIQ souligne que celle-ci “va à l’encontre des règles déontologiques qui stipulent que les courtiers immobiliers ont l’obligation de publier des renseignements véridiques et vérifiés sur une propriété”.

Une question cruciale se pose: pourquoi la SCHL demande-t-elle aux associations de courtiers de tout le pays de cacher une information aussi importante?

L’organisme cherche d’abord à protéger ses arrières, croient plusieurs observateurs.

La SCHL, comme plusieurs le savent, est un important assureur de prêts hypothécaires. La valeur de tous ses prêts assurés frôle les 600 milliards de dollars.

Or, les maisons reprises par les banques se vendent souvent beaucoup moins cher que les résidences traditionnelles. On peut encore le constater avec les millions de foreclosures aux États-Unis, offertes pour une bouchée de pain.

Si le marché immobilier canadien devait chuter de façon marquée –avec le tsunami de reprises bancaires que cela suppose–, les pertes pourraient se calculer en milliards pour la SCHL. Et éventuellement pour les contribuables.

D’où l’intérêt de la SCHL à vouloir camoufler l’existence-même des reprises de finance au Canada, croient plusieurs.

Voir ici le texte du Financial Post, auquel la SCHL n’a pas réagi.

Votre interprétation?

AJOUT:

La SCHL a réagi dans une lettre envoyée au rédacteur en chef du National Post, qui nous a aussi été envoyée cet après-midi.

“Il n’existe aucune disposition qui exige du vendeur de divulguer dans une inscription la raison pour laquelle la propriété est mise en vente”, écrit Mark McInnis, vice-président, souscription, lignes de conduite et administration de l’assurance

” La SCHL n’a pas donné instructions à ses agents d’enfreindre une quelconque règle de droit ou norme éthique”, poursuit-il.

L’organisme reconnaît néanmoins que dans le but “d’obtenir le meilleur prix possible et de réduire au minimum les pertes, la SCHL demande aux courtiers de ne pas indiquer dans l’inscription de la propriété qu’il s’agit d’une saisie”.

L’information voulant que la SCHL soit le vendeur est toutefois indiquée aux acheteurs éventuels “qui envisagent de faire une offre sur la propriété”, affirme M. McInnis.